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Publié par C1i

Le capital pour les nuls
Le capital pour les nuls

Le Capital de Marx : faut s’appeler Maestro pour y comprendre quelque chose et faut trop de temps pour tout le lire. Pourtant Marx ne l’a pas écrit pour décorer les bibliothèques des philosophes mais pour les ouvriers, car ça parle des salaires, du chômage, des usines, de l’exploitation et de la lutte des classes. (*) Alors que les bouquins sur le marxisme ressortent dans les librairies, voici une énième version très light, revue, corrigée et décorée : le capital expliqué aux enfants.

(*) La lutte des classes c'est quand les pauvres se battent contre les riches.

Un épisode par semaine, pendant 10 semaines...

Episode 1. LE CAPITAL EST LANCE

Napoléon vient d'être envoyé sur l'île de Sainte Hélène au milieu des requins de l’océan atlantique. Les usines poussent comme des champignons en Europe : c'est le début de la révolution industrielle. Les paysans quittent les champs et arrivent pour travailler en ville, ils deviennent ouvriers. Ils sont très pauvres mais n’ont qu’à se taire et obéir. Quant à leurs enfants : ils sont obligés de travailler aussi parce que les salaires des parents ne suffisent pas à nourrir toute la famille.

En 1818 Karl Marx vient au monde dans la ville de Trèves, en Allemagne. C'est près de la frontière française. Il y passe sa jeunesse et obtient beaucoup plus tard un doctorat de philosophie à l'université de Iéna, c'est un diplome très difficile à avoir ! 

Mais ce qui l'intéresse avant tout, c'est la politique : toute sa vie, il va dire aux ouvriers qu'ils se font exploiter, c'est à dire que leur patron - celui qui possède l'usine - gagne des sous sur leurs dos. Il va aussi expliquer à ces mêmes ouvriers, qu'il faut s'organiser pour ne pas se laisser faire.

Il écrivait tout ça dans des gazettes, dans des petits journaux. Bien sûr, ça ne plaisait ni aux patrons, ni aux autorités prussiennes - la Prusse c'était l'autre nom de l'Allemagne - Il fut chassé vers la France, puis vers l'Angleterre où il signa un contrat pour écrire un livre d'économie : Le capital était sur les rails !

Marx croyait que ça irait vite... quelques mois tout au plus. Mais un livre d'économie, ce n'est pas simple à écrire, il y a beaucoup de chiffres, de tableaux, de mots compliqués... alors le projet fut plus long que prévu : il lui fallut 16 ans pour écrire le premier volume et les 2 autres ne furent publiés (mis en vente) qu'après sa mort. 

C'était tellement long, qu'entre temps il put écrire d'autres livres : 
le manifeste du parti communiste fut le plus connu. Il l'a écrit avec un copain à lui : Friedrich Engels.



Lorsqu'éclatèrent des nouvelles révolutions, celles de 1830 et 1848, Karl Marx était là pour constater les dégâts : à chaque fois les rois revenaient sur leur trône, à chaque fois les révolutionnaires étaient massacrés. Par contre, le projet de Karl Marx s'enrichissait beaucoup de toutes ces expériences.

 En 1871, éclata "La commune de Paris", on ne t'en parlera jamais à l'école, on ne sait jamais, ça pourrait te donner des idées ! Les parisiens se sont révoltés contre le gouvernement et la guerre. Ils se sont organisés tous seuls, mais là aussi, la répression fut féroce : pour venir à bout "des communards", l'armée prussienne dut venir filer un coup de main à l'armée française : pas joli, joli tout ça !

Marx en
retira l'idée que pour prendre le pouvoir vraiment et  pour longtemps, il fallait installer un gouvernement "pour le peuple et par le peuple". C'est ce qu'on appela "la
dictature du prolétariat ». Très impressionné par "La commune", Karl Marx décida de
traduire son livre en français. Pour le vendre aux ouvriers qui étaient très pauvres, il vendait chaque chapitre pour un sou seulement !

Episode 2. LES MARCHANDISES


On reconnaît facilement une marchandise : elle a toujours un code-barre ou une étiquette accrochée aux fesses, c'est SON PRIX ! La marchandise est très bizarre : elle a une double vie : on va l'utiliser ou la vendre. Par exemple, une peau de cuir peut nous protéger du froid ou nous rapporter des sous... Une game-boy peut nous amuser ou se vendre... Quand un objet devient une marchandise, elle a deux dimensions : ce qu'elle EST et ce qu'elle VAUT.



Avant les débuts du capitalisme, c'est à dire avant le XV° siècle en Europe, les produits étaient destinés uniquement à l'usage. Les pantalons étaient fabriqués pour être portés, les marteaux pour enfoncer les clous, les diligences pour être tirées par des chevaux... pas pour être vendus. Produire pour la vente était même considéré comme un mode de vie cupide ! On l'apprend à la messe : la cupidité, c'est pas bien, c'est même un pêché capital.

Avec le développement du capitalisme, ça va changer ! Et ça va se compliquer grave ! Les deux valeurs de la marchandise ne sont plus copines. Mais alors, plus du tout. C'est comme deux soeurs qui se disputeraient sans arrêt, mais obligées de vivre sous le même toit. Pour être achetée, une marchandise doit être utile ou du moins paraître utile. Mais pour être utilisée, une marchandise doit aussi être vendue... 




Et c'est là que ça se gâte : par exemple, si une baguette de pain n'est pas vendue, ce n'est pas parce qu'elle n'est pas utile : il y a  encore des gens qui meurent de faim !

 Elle pourrira dans la boulangerie parce que celui qui possède la baguette, veut la vendre en faisant du fric avec ! (Marx appelle ça le profit).

Episode 3. LA SURPRODUCTION

La surproduction c'est quand il y a trop de marchandises : elles ne se vendent plus.

Les capitalistes sont alors en furie : ils ne font plus de profits. Ils disent que le marché est saturé. Pour que ça n'arrive pas, ils détruisent les produits en trop : brûlent des patates, tuent des porcs, vident le lait dans les caniveaux... Et  quand c'est vraiment trop, ils peuvent même nous organiser une sale petite guerre !

Une autre façon de faire, c'est de laisser les gens au chômage, comme ça ils ne produisent pas, et en plus ça leur permet de moins payer ceux qui bossent, mais ça on le verra dans un autre chapitre.

La valeur et la valeur d'usage d'un produit se télescopent vraiment, et n'ont pas le même sens : brûler des patates alors que certains meurent de faim : on marche bien sur la tête, le système ne fonctionne pas, en tous cas, pas pour tout le monde.



Aujourd'hui, on vit une crise de surproduction : par exemple, on fabrique des voitures  que les gens ne peuvent se payer. Alors, les patrons étant très malins, ils arrêtent de fabriquer des voitures pendant un moment, ils mettent leurs ouvriers au chômage et attendent... (Ils peuvent le faire, les usines sont à eux). Pendant ce temps-là, on morfle tous !

Tout ça pour que leurs profits ne baissent pas…

Episode 4. LE TRAVAIL

Bien que deux objets soient totalement différents, on peut les échanger,  une montre contre un MP3 par exemple. Si on les échange, c'est qu'on pense que ces produits sont égaux. On peut se faire avoir : échanger un oeuf contre une poule, et on sera un vrai pigeon. Si l'on pense qu'ils sont différents, sinon pourquoi les échanger, comment faire pour savoir combien  de montres contre un MP3 ? Ou combien de MP3 pour une montre ?

C'est là que Marx est le plus fort. Pour lui, la seule façon de le mesurer, c'est de compter les heures de travail nécessaires à leur la production. 
Il prend l'exemple de  deux chasseurs, le premier  mettant  un jour pour chasser une biche, l'autre en mettant six pour chasser un castor. Si le tueur de castor a besoin d'une biche et que l'autre a besoin d'un castor, ils vont faire un échange. On voit bien qu'un des deux va être lésé : celui qui a tué le castor ! Pour ne pas se faire arnaquer, il devra obtenir 6 biches, c'est le temps de travail équivalent à la chasse d'un castor.

Par le travail, l'objet est modifié. Marx dit qu'il est
matérialisé. Avant la chasse les biches et le castor étaient vivants, après le travail de l'homme, ils sont morts. Dans ce cas, la matérialisation est radicale !

Attention ça se complique : quel genre de travail fera d'une fleur, une fleur que l'on vendra ? Beaucoup vous diront que c'est le travail qu'il a fallu pour l'arroser, la cueillir, la transporter... bref ce qu'on appelle le travail utile.

Marx dit non. Qu'il est pénible ! Alors qu'on commençait à comprendre, il vient encore tout compliquer ! En effet, comment comparer le travail d'un jardinier de celui d'un fabricant de télé ? C'est impossible.

Par contre, le
travail abstrait, c'est à dire le travail en lui-même, le travail en général, bref la dépense de force humaine... on peut le comparer, donc l'échanger. Que l'on soit réparateur de télé ou jardinier.
 
Autre chose : que  tu travailles rapidement ou lentement, ça ne changera rien à la valeur d'échange de ta fleur car les marchandises ne contiennent que le temps de travail moyen d'un producteur moyen. Par exemple : si tu soignes rapidement des fleurs, elles auront le même prix, que celles de ton collègues d'à côté qui les aura soignées moins vite. 
Pour preuve : aujourd'hui, il faut deux fois moins de temps moyen qu'il y a 20 ans pour fabriquer une voiture. Les usines qui ne se sont pas modernisées ont du fermer, car elles étaient obligées de vendre leurs voitures deux fois moins cher, alors que leurs salariés travaillaient toujours autant... Tout ça parce que les autres usines s'étant modernisées, elles ont fait chuter le niveau du travail moyen pour construire une voiture. C'est donc bien le temps de travail moyen qui est pris en compte pour évaluer la valeur d'échange d'une marchandise.

Ca se complique encore quand on comprend que la valeur ne peut pas être touchée du doigt, seule la valeur utile peut l'être. La valeur est simplement sociale. C'est à dire ce que les gens veulent bien lui donner comme valeur. 
Exemple : un roi est un homme comme les autres pourtant on ne le traite pas comme les autres. C'est parce que ces sujets le traitent royalement qu'il est roi. Rassure toi, on ne leur a jamais demandé leur avis. Si un jour ils décident de le traiter comme un homme, ce roi redevient un homme, comme les autres. Et bien souvent ça se termine mal pour lui... C'est pareil pour les marchandises.

Celles-ci ne peuvent être échangées qu'entre humains. Quand on se met à produire pour échanger, comme dans le sytème capitaliste, la valeur prend le pas sur la valeur d’usage.

 

Episode 5. L’ECHANGE

Les marchandises sont très liées les unes aux autres. Marx explique que c'est parce que la société est divisée en une multitude de "producteurs privés", ainsi appelle t-il les hommes. Certains produiront des cigarettes, d'autres les allumettes... Ce qui relie ces hommes, c'est l'échange !

Sans l'échange, celui qui produit des pommes n'aura que des pommes, et durant toute sa vie ! S'il veut du vin, il devra échanger ses pommes contre du vin. S'il désire vivre isolé, le producteur de pommes, devra au moins de temps en temps sortir de sa coquille, le temps de faire l'échange. Il est donc essentiellement relié aux autres hommes par l'échange.

Garder ses pommes pour lui seul, elles n'auraient rapidement plus de valeur. En effet, ne pouvant toutes les manger, elles ne serviraient plus à rien, perdraient leur valeur... S'il veut leur redonner de la valeur, il doit les échanger avec une autre personne que Marx appelle un "autre producteur". Une marchandise ne peut reprendre de la valeur que par l'échange.

Pour avoir quelque chose il faut donc produire autre chose. Marx dit alors que l'homme est aliéné. C'est à dire prisonnier des marchandises qu'il produit, ou plutôt prisonnier de celui qui possède ces marchandises. Marx dit aussitôt que pour s'en libérer, ça ne va pas être aussi facile que ça ! Il faudrait coopérer et partager l'usage des marchandises au lieu d'en organiser le profit. 

Il faudrait pour cela, une autre organisation politique de la société ! Mais les capitalistes, ceux qui font du profit,  ne l'entendent pas de cette oreille. Et ils ont des atouts, les bougres : des bureaucrates à leur botte, des armées prêtes à tirer, des médias serviles, c'est à dire des journalistes qui ne sont là que pour leur cirer les pompes et beaucoup, beaucoup d'argent à leur disposition...

En face, "les producteurs privés", c'est à dire "nous", nous sommes divisés, nous ne croyons pas en notre pouvoir (notre nombre et notre créativité), nous sommes trop soumis à l'autorité, nous sommes toujours prêts à nous bouffer le foie, à nous opposer les uns aux autres pendant que les capitalistes continuent à engranger leurs profits !

 

Episode 6. L’ARGENT

Avec l'avènement du système capitaliste, les marchandises sont produites pour l'échange, les rapports de valeur doivent donc être précisés :
- combien de montres pour un MP3 ?
- combien de clés USB pour un lecteur DVD ?
- ...

En effet, on ne peut plus se satisfaire de taux d'échange hasardeux : les valeurs relatives, c'est à dire les équivalences des marchandises entre elles, doivent être établies.

Si une marchandise s'échange contre une autre, il se peut aussi qu'elle s'échange contre une troisième, ou encore une quatrième... sa valeur s'exprime alors par une foule d'équivalences :
un lecteur DVD = 50 clés USB
                             = 3 MP3
                             = 18 montres
                             = ---

Lorsqu'une marchandise exprime la valeur de plusieurs marchandises, elle devient l'ARGENT et joue le rôle de monnaie. Historiquement, l'OR est la valeur qui a été reconnue comme monnaie.

Tu peux toujours échanger un MP3 contre des montres, mais c'est quand même plus commode d'utiliser la monnaie, non ? Surtout quand tu as déjà une montre !

Aujourd'hui, ce n'est plus l'or, mais l'euro, le dollars, la peseta ou le... rouble qui jouent le rôle de monnaie.

Ces monnaies étaient indexées sur ce métal précieux et garanties par  l'OR qui se trouvait dans les banques du monde entier. Il y a peu de temps qu'elles ne le sont plus : il n'y a pas assez d'OR ! Mais ça Marx ne l'avait pas prévu !

Avec de l'OR, ou ses représentants (billets, pièces, chèques...), on peut acheter toutes les marchandises que l'on veut. Pour Marx, l'OR est devenue une
super marchandise dont les pouvoirs se multiplient quand on en a beaucoup. Encore plus quand on l'accumule et qu'il devient "du capital"...

Episode7. L’ACCUMULATION

Le capitalisme est souvent synonyme d'argent mais on devrait plutôt dire que le capitalisme c'est l'accroissement de l'argent grâce à l'argent. De l'argent cumulé en capital pour obtenir plus de profits. Comment, en partant d'une certaine somme d'argent, le patron arrive t-il à s'en mettre davantage dans la poche ? D'où vient ce profit, cette plus-value ? Karl MARX l'a compris avant tout le monde, c'est pour nous expliquer essentiellement ce mécanisme qu'il a écrit son bouquin : on est donc au coeur de la théorie marxiste. 

Marx affirme que, contrairement à ce que l'on croit, les salariés vendent pour acheter, alors que les capitalistes achètent pour vendre.

Exemple : Prenons un ouvrier tailleur, son patron : un tailleur indépendant et un capitaliste que l'on nommera Tadfric pour bien se faire comprendre. L'ouvrier tailleur et son patron vendent : l'un son travail, l'autre ses costumes. Tout ça pour acheter de la nourriture, payer leur logement, bref pour acheter de quoi vivre. C'est le cycle MAM, pas Michèle Alliot Marie, mais Marchandise-Argent-Marchandise !


Pour Tadfric, il en va autrement : il vient avec ses sous pour acheter des marchandises qu'il ne veut pas, pour les revendre. Il dépense de l'argent pour gagner de l'argent, c'est le cycle AMA, Argent-Marchandise-Argent ! On voit bien la contradiction qui apparait.

En fait, ce n'est pas tout à fait ça : lorsqu'il investit 10 euros, le patron ne veut pas en récupérer 10, il en veut plutôt 11... l'argent investi (A) doit rapporter un peu plus d'argent (A'), le cycle est donc AMA'. Et la différence A'-A, c'est le
profit.

Ce profit, il peut l'utiliser de deux façons, soit pour son plaisir personnel, c'est ce qu'on appelle les
dividendes, soit le rajouter à son capital A pour avoir encore plus de profits, Marx dit alors qu'il y a accumulation de capital. La richesse n'est donc pas l'accumulation de marchandises mais l'accumulation de capital. C'est le principe même du capitalisme.

Episode 8. LE PROFIT

On a vu que l'argent pouvait faire des petits, que A' pouvait être plus grand que A, que ce gain d'argent réinvestit en capital générait du profit. Mais on a toujours pas compris d'où venait ce profit ? TADFRIC nous dit que ce profit vient du fait qu'il achète pas cher pour revendre plus cher. Mais Marx démontre que c'est faux : en effet qu'est-ce qui empêcherait un autre TADFRIC de faire pareil ? Rien ni personne, et dans ce cas-là notre premier TADFRIC serait obligé d'acheter plus cher : il perdrait donc en tant qu'acheteur ce qu'il gagnerait en tant que vendeur ! De plus s'il vendait trop cher,  notre ami TADFRIC perdrait des clients et perdrait de l'argent ! La concurrence, la rivalité entre patrons tend à maintenir les prix autour de la valeur des marchandises... Ce n'est donc pas dans le processus d'achat-vente des marchandises qu'il faut trouver la source du profit.

Bien sûr, il peut y avoir des arnaques, TADFRIC pourrait flouer un autre patron PLEINDETADFRIC, en lui vendant trop cher. D'une part ça ne pourrait durer longtemps et d'autre part, le gain de TADFRIC se ferait aux dépens de PLEINDETADFRIC, sans qu'aucune valeur nouvelle ne soit créée, donc sans profit nouveau. Certes la valeur a changé de mains, mais elle n'a pas été créée : le profit n'est donc pas non plus, le fruit de la tricherie : les patrons ne sont pas des voleurs, même s'ils sont parfois des voyous !

Quand les monopoles entrent en scène, ça change un peu la donne : peu génés par la concurrence, les prix peuvent monter en flèche et là les profits sont énormes ! Désolé de vous décevoir, mais ce n'est pas encore là que l'on va trouver l'explication du profit : en effet l'accumulation du capital, donc la création de profit a débuté sur la base de la concurrence, bien avant les monopoles, on n'est pas encore sur la bonne piste !

Pour Marx, le capital n'est pas créé seulement dans l'échange mais aussi dans la production : TADFRIC ne revend pas simplement ce qu'il achète : il achète des marchandises qui engendrent de nouvelles marchandises. Pour faire du profit, il doit vendre des marchandises qui ont plus de valeur que celles qu'il a achetées. Et ça ne se trouve pas sous les sabots d'un cheval.

Il n'en existe qu'une seule, c'est une marchandise bien spéciale qui produit elle-même du profit. De plus, elle n'est pas rare, court même les rues : c'est tout simplement l'HOMME, ou du moins sa force de travail. TADFRIC va donc vendre de la force de travail, rien que ça !
 

Episode 9. LA FORCE DE TRAVAIL

Si l’argent est la super marchandise, alors la force de travail est la SUPER SUPER marchandise. Le capital ne peut s'accumuler, (ça veut dire que les patrons ne peuvent s’enrichir encore plus), qu’en achetant de la force de travail et en la transformant en marchandise. En effet, la simple circulation des marchandises suffit à créer de l’argent, mais le capital exige beaucoup plus que ça : il faut que le propriétaire d’usines, le possesseur d’argent trouve sur le marché des travailleurs prêts à vendre leur unique richesse : leur force de travail ! Sans ça, niet, pas de profit !

C’est cette unique condition qui a façonné le monde d’aujourd’hui : il y a ceux qui travaillent et ceux qui possèdent… Euh, recommençons, sinon on va fâcher quelques petits  patrons : il y a ceux qui possèdent et parfois travaillent et ceux qui travaillent et ne possèdent pas grand-chose ! Comment se fait-il que ce soient toujours les mêmes qui achètent pendant que les autres vendent, et qui sont eux aussi toujours les mêmes ?

Les prolos ne tombent pas du ciel et les bourgeois non plus : Marx explique que ça résulte d’un long processus, d’une longue chaîne d’événements ! Si un prof d’histoire, lecteur de ce site pouvait nous l’expliquer, ça me ferait un peu des vacances, je me sens exploité.

Rappelons tout simplement que pour produire il faut de la force de travail : des hommes, des femmes et parfois des enfants… mais également des usines, des matières premières, des outils… c’est ce que l’on appelle les moyens de production. Si ces moyens sont contrôlés par de simples artisans, tout s’organise tranquillement, normalement : la production est autosuffisante et indépendante. Mais si l’on retire à cet artisan ses moyens de produire, il devient un vagabond à qui il ne reste que sa force de travail.

C’est à partir de là que le capitalisme va se développer : les moyens de production et la force de travail vont être séparés et les riches vont s’emparer des usines, des outils, des bâtiments, des matières premières… Le petit artisan ou paysan du XIX siècle n’aura alors plus que sa force de travail pour subsister. Il devra la vendre contre un salaire, il devient un prolétaire, un prolo quoi !

Force de travail et moyen de production vont alors se combiner différemment, non plus naturellement comme avant mais d’une façon perverse, c’est toujours Marx qui parle, pour devenir des jouets aux mains des capitalistes. Le prolo sera placé dans une dépendance ignoble vis-à-vis de son patron, celui-ci décidera s’il l’embauche et combien il lui donne contre sa force de travail. Si les deux, patron et prolétaire travaillent, il n'y en a qu'un seul qui décide, qui contrôle toute la chaîne de production... Alors ça va chauffer !

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